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Budget 2025 :L'état cible les fonctionnaires en demandant 3 jours de carence dans la fonction publique en cas d'arrêt maladie


Augmentation du délai de carence et réduction de la rémunération des arrêts maladie : une double peine pour les agents de la fonction publique


Dans le cadre du budget 2025, le gouvernement a annoncé une série de mesures destinées à réduire les dépenses dans la fonction publique. Parmi celles-ci, l’augmentation du délai de carence de 1 à 3 jours et la réduction de la rémunération des arrêts maladie, qui passerait de 100 % à 90 % du salaire. Ces mesures, justifiées par un impératif de rigueur budgétaire, suscitent de vives inquiétudes parmi les agents publics et les syndicats, notamment l'UNSA, qui alertent sur leurs conséquences dans un contexte déjà marqué par des conditions de travail difficiles.


Une diminution de la rémunération des arrêts maladie : des économies au détriment des agents

La réduction de la rémunération des arrêts maladie de 100 % à 90 % du salaire représente une rupture significative avec le régime actuel de la fonction publique, où les agents bénéficient d'une prise en charge complète dès le premier jour pour les trois premiers mois avant de passer à 50%. En abaissant cette indemnisation, le gouvernement espère alléger les dépenses publiques liées aux absences pour maladie. Cependant, cette baisse pourrait aggraver la situation financière des agents, en particulier pour ceux dont les revenus sont déjà modestes, les exposant ainsi davantage à la précarité.

Pour l’UNSA, cette mesure pénalise les agents qui tombent malades sans que leur absence ne soit nécessairement due à des facteurs personnels. En effet, dans des secteurs comme la santé ou le social, où les risques de contagion sont élevés et où les conditions de travail sont particulièrement éprouvantes, les arrêts maladie résultent souvent d'un environnement de travail dégradé plutôt que d'un choix personnel.


Des conditions de travail dégradées : un facteur majeur d’absentéisme

Depuis plusieurs années, l’UNSA alerte régulièrement le gouvernement sur le lien entre la dégradation des conditions de travail et la hausse des arrêts maladie dans la fonction publique. Les agents de nombreux services publics subissent une surcharge de travail, un manque de moyens, et des effectifs réduits qui entraînent un épuisement physique et psychologique. Dans les hôpitaux, par exemple, les agents doivent assumer des charges de travail importantes avec des effectifs souvent insuffisants, ce qui les expose à des risques sanitaires et au stress, facteurs propices aux arrêts maladie.

L'augmentation du délai de carence et la réduction de la rémunération des arrêts sont perçues comme des mesures injustes, venant sanctionner des agents déjà affectés par leurs conditions de travail difficiles. Dans ces contextes où la pression est intense, l’UNSA rappelle que la protection des agents est cruciale pour préserver leur santé et la qualité des services publics.


Un sentiment d’injustice croissant chez les agents publics

Les agents publics voient dans ces mesures un signe de désengagement de l’État à leur égard, ressentant une double peine : non seulement ils doivent supporter des conditions de travail dégradées, mais ils voient également leurs droits à la santé et à la protection sociale remis en question. Pour l’UNSA, cette politique risque d’avoir des effets contre-productifs : en ajoutant des contraintes financières, les agents pourraient se trouver contraints de venir travailler malades.


Un appel à des mesures structurelles

Pour l’UNSA, il est essentiel de prendre en compte les causes structurelles de l’absentéisme plutôt que d’adopter des mesures punitives et restrictives. Investir dans l’amélioration des conditions de travail, renforcer les équipes et assurer des moyens suffisants pour les services publics seraient des solutions plus efficaces pour réduire l’absentéisme. Une approche préventive, qui vise à améliorer le bien-être au travail et à offrir des conditions sécuritaires, pourrait contribuer à diminuer durablement les arrêts maladie.


En conclusion

L’augmentation du délai de carence et la réduction de la rémunération des arrêts maladie s’inscrivent dans une logique budgétaire qui néglige les réalités vécues par les agents de la fonction publique. Ces mesures risquent d’accentuer la précarité et le sentiment d’injustice parmi les agents publics, confrontés à des conditions de travail dégradées sans pouvoir compter sur un système de protection complet. L’UNSA plaide pour une prise en compte des alertes répétées sur l’impact des conditions de travail sur la santé des agents, afin d’adopter des solutions structurelles qui garantissent un service public de qualité tout en protégeant ceux qui le rendent possible.


28/10/2024

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